Les coûts de la santé continuent d’augmenter. Le Conseil fédéral veut maintenant en faire de même avec la franchise et l’augmenter à 400 francs. Le but est d’introduire plus de responsabilité personnelle dans le système. Mais la résistance est grande.
Cette semaine, le Conseil fédéral a annoncé qu’il voulait augmenter la franchise minimale dans l’assurance maladie obligatoire de 300 à 400 francs. La modification prévue de la loi sur l’assurance-maladie a été mise en consultation vendredi.
Il est en outre prévu d’introduire un nouveau mécanisme qui permettra à l’avenir de lier automatiquement la franchise à l’évolution des coûts de la santé. Les enfants continueront à en être exemptés.
La nouvelle a immédiatement suscité de vives réactions parmi les lecteurs de blue News. Nombreux sont ceux qui considèrent cette mesure comme une charge supplémentaire injuste, en particulier pour ceux qui luttent déjà contre l’augmentation du coût de la vie. Un utilisateur écrit par exemple que les malades et les employés mal payés «passeraient en plus à la caisse». La méfiance à l’égard de la politique s’est également répandue: un lecteur annonce qu’il ira à l’avenir «chez le médecin pour chaque petite chose, en protestation contre le système».
Un fil rouge se dégage de nombreux commentaires: une critique acerbe de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider (PS), qui a présenté le projet vendredi. «Une gauchiste comme les autres», commente un lecteur. Un autre s’insurge: «Baume-Schneider, en tant que socialiste, ne sait rien faire de mieux que de s’attaquer au porte-monnaie des gens».
Vers un référendum ?
Un regard en coulisses montre toutefois que la conseillère fédérale a probablement dû défendre cette augmentation contre ses propres convictions.
En tant que socialiste, elle devrait se montrer sceptique face à cette idée. Ses collègues de parti ont en tout cas qualifié le projet du Conseil fédéral d’«inacceptable» et ont mis en garde contre une «augmentation incroyable» qui toucherait surtout les personnes âgées, les malades chroniques et les personnes à faible revenu.
La conseillère nationale saint-galloise Barbara Gysi (PS) a déjà menacé: «Nous allons combattre cela». Elle déclare à blue News qu’une franchise minimale plus élevée est un «projet antisocial» qui touche en particulier les personnes âgées, les malades chroniques et les pauvres, et qui pèse également davantage sur le budget familial. La NZZ a donc supposé que les partis de gauche et les syndicats pourraient préparer un référendum contre la réforme.
Si cela devait arriver, Mme Baume-Schneider, en tant que conseillère fédérale, devrait argumenter précisément contre son propre parti: c’est ce qu’exige le principe de collégialité. Celui-ci stipule que les membres du Conseil fédéral doivent défendre à l’extérieur la position de l’ensemble du Conseil fédéral, même s’ils ne sont pas d’accord en interne.
L’idée vient de l’UDC
Il n’est pas possible de confirmer officiellement la position personnelle d’Elisabeth Baume-Schneider. Ses réponses aux questions Smartvote ne sont actuellement plus consultables en raison d’adaptations techniques de la plateforme. Des personnes de son entourage ont toutefois clairement indiqué à blue News que le projet de loi portait une «signature bourgeoise».
Le fait est que le Conseil fédéral a voté majoritairement en faveur de la modification. L’origine de l’idée ne vient toutefois pas de lui, mais du Parlement. L’initiative vient de la conseillère aux États UDC saint-galloise Esther Friedli. Sa motion intitulée «Adapter la franchise minimale aux conditions réelles» a été adoptée en 2025.
Friedli demandait que la franchise soit adaptée à l’augmentation des coûts de la santé et qu’un automatisme soit mis en place. Au Conseil des États, elle a déclaré: «Je suis consciente que ce sont justement les personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques qui choisissent une franchise plus basse. Elles dépendent de soins de santé de qualité. Toute augmentation de la franchise touche ces personnes. Mais avec les caisses maladie obligatoires, nous avons justement une grande solidarité entre les jeunes et les assurés plus âgés et entre les assurés en bonne santé et les assurés malades».
Lors des débats parlementaires, ce sont surtout les représentants de l’UDC, du PLR et du centre qui ont soutenu la réforme. Les Verts libéraux étaient divisés. L’opposition est venue du PS et des Verts – mais aussi, de manière isolée, des rangs de l’UDC et du centre (voir le procès-verbal du vote).
Avec l’annonce de vendredi, la franchise n’a pas encore été augmentée. Le Conseil fédéral n’a présenté qu’un projet de loi. La balle est maintenant dans le camp des partis, des organisations et des citoyens: ils peuvent prendre position jusqu’au 22 juin 2026. La Confédération met à disposition des formulaires à cet effet – et ceux qui souhaitent s’impliquer peuvent consulter le rapport explicatif et le projet en ligne.
source : https://www.bluewin.ch/fr/infos/suisse/grosse-colere-contre-la-conseillere-federale-baume-schneider-a-propos-de-la-reforme-de-lassurance-maladie-3145241.html
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