Le groupe LVMH veut-il vendre la manufacture horlogère Zenith ?

La rumeur enflamme la Suisse voisine et inquiète les frontaliers qui travaillent dans la prestigieuse maison du Locle. Au-delà de la seule marque à l’étoile emblème, c’est toute la division horlogère du groupe qui semble en proie à des turbulences.

« Il n’y a pas de fumée sans feu », dit un célèbre adage. En ce début 2026, d’inquiétantes et sombres fumées s’échappent des fenêtres de la division horlogère du groupe de luxe LVMH. L’année a commencé par l’inattendu débarquement d’Antoine Pin, à la tête de TAG Heuer depuis un an et demi, l’entreprise qui emploie un peu moins de 500 personnes, entre les sites de La Chaux-de-Fonds et Chevenez, dont quelque 50 % de frontaliers. À peine de temps de digérer le coup de tonnerre révélé par Business Montres et relayé dans nos colonnes qu’une deuxième déflagration retentissait : la manufacture Zenith serait à vendre.

Pour les amateurs, Zenith constitue l’un des plus prestigieux noms de l’histoire horlogère. La maison, fondée en 1865, est notamment réputée pour ses calibres et plus précisément son mouvement de chronographe El Primero, sorti le 9 janvier 1969. 57 ans plus tard, l’anniversaire a un goût amer et les bougies diffusent une lumière blafarde qui inquiète le personnel (moins d’une centaine de salariés aujourd’hui, dont une bonne part de frontaliers), se demandant à quelle sauce ils vont être mangés.

Démenti et tractations avec Richemont

Une fois n’est pas coutume, LVMH a démenti la rumeur qui s’était propagée comme une traînée de poudre dans la Suisse voisine. « Et pour cause ! Cela dévalorise la mariée. Le groupe confirmera quand il aura trouvé le bon fiancé », image ainsi un fin connaisseur du milieu. De source non officielle mais bien informée, des tractations auraient déjà eu lieu entre LVMH et Richemont, l’autre mastodonte du luxe qui détient dans sa manche quelques références horlogères comme Jaeger LeCoultre , Cartier, Vacheron Constantin ou Montblanc. « Contacts qui devraient être prochainement renoués », croit savoir le même interlocuteur.

« Un bain de sang chez Zenith »

Ce n’est un secret pour personne. Les chiffres de la branche horlogère de LVMH ne sont pas bons. « Un bain de sang chez Zenith » souffle cet autre spécialiste du microcosme, parlant de pertes abyssales pour une étoile qui pâlit de jour en jour. Et du côté de TAG Heuer, ce ne serait guère plus reluisant. Alors que le chiffre d’affaires culminait, il y a de cela moins de 10 ans, autour des 860 millions de francs suisses, il a diminué de presque moitié avec des bénéfices qui ont fondu comme neige au soleil. La nouvelle montre connectée ne décolle pas, le modèle Formula One, vendu près de 2 000 € pour un mouvement quartz, va moins vite aux poignets des clients que Max Verstappen vers les podiums et, précisément, l’onéreux contrat signé entre LVMH et la F1 (N.D.L.R. : une somme de 100 à 150 millions est avancée, partagée entre les trois entités que sont Louis Vuitton, Moët Hennessy et TAG Heuer) apparaissent comme de gros cailloux dans le beau soulier de l’horloger.

Fumée blanche et pompiers

Sans doute va-t-il falloir attendre quelques jours encore pour voir une autre fumée (blanche, celle-là) s’élever au-dessus de l’avenue Montaigne afin de connaître le nom du successeur d’Antoine Pin chez TAG Heuer. Pour Zenith, l’avenir dira si la rumeur de la vente était un feu de paille ou un véritable début d’incendie. En tout état de cause, des pompiers de services vont être appelés aux chevets des maisons appartenant à Bernard Arnault.

source : https://www.estrepublicain.fr/economie/2026/01/09/le-groupe-lvmh-veut-il-vendre-la-manufacture-horlogere-zenith
auteur : Sam Bonjean
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