L’entrée en vigueur en 2026 d’une nouvelle contribution pour les hauts revenus inquiète les associations de travailleurs frontaliers. En effet, cette nouvelle taxe, la CDHR, cible les frontaliers à la retraite qui ont fait le choix de cotiser en Suisse et qui ont décidé de recevoir cette somme sous forme de capital. Explications.
Mauvaise nouvelle pour les travailleurs frontaliers suisses qui s’apprêtent à partir à la retraite. Comme le rapporte France 3, ces derniers ont en effet la possibilité, au moment de partir à la retraite, de toucher leurs prestations soit en une fois (sous forme de capital), soit en plusieurs (sous forme de rente). Or, en choisissant la première option, cette somme perçue est susceptible de faire entrer leur foyer fiscal dans la tranche imposable des hauts revenus en France, et par ricochet à une taxe supplémentaire : celle de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR).
Votée en 2025, la CDHR assure en effet une imposition minimale à hauteur de 20% sur les plus hauts revenus. Entrée en vigueur lors de l’année fiscale 2026 pour tous les revenus perçus à compter du 1er janvier 2025, cette nouvelle contribution pourrait donc toucher les travailleurs frontaliers qui partent à la retraite, ou du moins, ceux qui font le choix de percevoir leur deuxième pilier sous forme de capital en une seule fois plutôt que de choisir une rente mensuelle.
La nouvelle ne passe pas du côté des frontaliers
Sont alors concernés ceux dont le revenu de référence est supérieur à 250 000 euros pour les veufs, célibataires ou divorcés, ou au-dessus de 500 000 euros pour les couples soumis à une imposition commune. Cette nouvelle est donc un coup de massue pour les nombreux frontaliers qui travaillent en Suisse. «Je pense que tout le monde est vraiment surpris. Il y a de la colère aussi», explique Michel Rivière, le président de l’Amicale des frontaliers. Pour ce dernier, le capital perçu dans le cadre du deuxième pilier ne devrait en effet pas être considéré comme un revenu étant donné qu’il s’agit d’une somme pour laquelle les travailleurs ainsi que leurs employeurs ont cotisé.
Sollicité par plusieurs travailleurs, celui qui est aussi délégué à la Confédération européenne des frontaliers (CEF) prend l’exemple d’une femme qui a pris sa retraite en 2025. En récupérant son deuxième pilier en capital, soit environ 350 000 euros, celle-ci a découvert que les impôts lui réclamaient 99 000 euros supplémentaires. Ainsi, et alors que la CDHR est automatiquement déclenchée par le fait de percevoir le deuxième pilier en capital, mieux vaut donc opter pour la deuxième option, à savoir la rente. Une solution à double tranchant qui pourrait inciter certains travailleurs à quitter la France pour la Suisse. «L’idée de juste vivre en Suisse et y travailler s’entend de plus en plus. À l’Amicale on défendra toujours le fait de privilégier la France, mais les avantages commencent sérieusement à s’amenuiser», explique Michel Rivière.
source : https://www.capital.fr/votre-retraite/retraites-cette-nouvelle-taxe-pourrait-couter-cher-aux-frontaliers-suisses-1529311
auteur : Kevin Comby
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