Douze ans après un refus en votation, Genève revient avec un projet de 12 parkings en France voisine dont le financement sera assumé à 54% par Paris.
En 2014, les Genevois refusaient à une courte majorité de participer au financement de la réalisation de parkings d’échange en France voisine. Un coup de frein qui a eu un impact sur l’ensemble du Grand Genève, mais qui n’a toutefois rien changé au fait que la mobilité continue de progresser et que la géographie du canton de Genève s’inscrit dans une réalité transfrontalière.
Depuis cette votation, la région a poursuivi sur la voie du dynamisme. Elle a continué à créer de l’emploi et à générer des recettes fiscales permettant de garantir un haut niveau de politiques publiques. En parallèle, de nouvelles infrastructures ont vu le jour. En 2019 notamment, la politique des transports prenait un nouveau virage, avec la mise en service du Léman Express, qui a très rapidement rencontré son public ainsi que le succès.
D’autres projets de transports en commun sont en cours. Que ce soit avec la frontière de l’Ain ou de la Haute-Savoie, l’amélioration de lignes déjà en service et la réalisation de nouvelles infrastructures devraient permettre dans les mois et les années à venir d’assurer la fluidité des déplacements, sans engorger les routes. Mais pour que cela fonctionne réellement, il faut des mesures d’accompagnement.
Et c’est là tout l’enjeu du projet qui sera soumis au peuple le 27 septembre prochain. En participant à la réalisation de douze parkings relais à proximité immédiate de la frontière et des lignes de transports publics, Genève s’assurera de la réussite de ces dernières. Car un automobiliste qui ne trouve pas à se garer poursuivra sa route en voiture. Et cette situation a un coût: la non-réalisation du projet de 2014 coûte chaque année quelque 2 millions et demi de francs au canton, dont deux rien que pour les bouchons.
Si de tels ouvrages devaient être réalisés en Suisse – pour autant que l’on trouve du terrain disponible –, le coût serait quatre à cinq fois supérieur
Stéphanie Ruegsegger
Genève a donc besoin de ces infrastructures. Tenant compte des défauts de la version de 2014, la France a garanti et largement augmenté son engagement financier. Au total, notre voisin assumera 54% de la facture totale, Genève et la Suisse prenant le reste à leur charge (mais au maximum 50% de chaque projet). Compte tenu des programmes d’agglomération qui financeront la part confédérale, celle de Genève se situe à environ 19%, pour un montant de 39,5 millions de francs.
Dire oui le 27 septembre est une question de bon sens. Permettre aux automobilistes frontaliers de pendre au plus proche de chez eux un transport public permet d’éviter du trafic pendulaire. Selon les estimations, ce projet devrait contribuer à soulager les routes genevoises de 5% de leur trafic. C’est moins de stress, moins de pollution et moins de temps perdu en bouchons, qui coûtent cher à nos entreprises. Si de tels ouvrages devaient être réalisés en Suisse – pour autant que l’on trouve du terrain disponible –, le coût serait quatre à cinq fois supérieur. Ce projet a donc de nombreuses vertus: économiques, environnementales, sanitaires et d’aménagement.
source : https://agefi.com/actualites/opinions/parkings-relais-depasser-le-traumatisme-pour-le-bien-etre-de-geneve?updatedprefs=true
auteur : Stéphanie Ruegsegger
crédit image : Adobe Stock
