Chômage des frontaliers: le National refuse tout diktat de l’UE

Les élus ont adopté une motion UDC qui demande au Conseil fédéral de rejeter la reprise des règles de l’UE sur l’indemnisation des frontaliers au chômage.

Le National durcit une nouvelle fois le ton dans le domaine de l’asile et de l’UE. Il a en effet accepté jeudi plusieurs propositions en ce sens dans le cadre d’une session extraordinaire. A commencer par une motion du groupe UDC, vent debout contre l’idée que Berne puisse reprendre la réforme de l’UE sur l’indemnisation chômage des frontaliers.

Pour rappel, Bruxelles a décidé que ce soit désormais le pays de travail qui prenne en charge les indemnisations de chômage des frontaliers et non plus celui où ils résident. Pour la Suisse, qui compte 410’000 travailleurs des pays voisins, la facture pourrait exploser.  Et Berne va devoir vraisemblablement s’adapter. «Entre 600 et 900 millions de francs chaque année, voilà ce que cette réforme pourrait coûter à notre assurance-chômage, selon le Seco», a souligné Céline Amaudruz (UDC/GE). «Les revenus gagnés chez nous font aussi vivre les régions voisines, mais l’on nous demanderait maintenant d’assumer une part accrue des charges du chômage. Le beurre, l’argent du beurre et la Suisse à la caisse», a-t-elle critiqué. La Genevoise a rappelé que la Suisse participait déjà à l’indemnisation des frontaliers. «Elle rembourse trois mois de prestations à leur État de résidence et cinq dans certains cas.»

Le Conseil fédéral suit de près l’évolution de la situation. Mais il estime prématuré de prendre une décision définitive quant à une éventuelle reprise du règlement de l’UE. «Le président de la Confédération Guy Parmelin, qui est chargé de ce dossier, mènera des négociations fermes et défendra bien les intérêts de la Suisse, j’en suis convaincu, a indiqué le ministre de la Justice Beat Jans. À l’heure actuelle, nous n’avons tout simplement pas une vue d’ensemble des conséquences que cela aura pour nous», a-t-il expliqué. En vain. La motion UDC a été acceptée par 109 voix contre 72.

Perte de la nationalité pour les criminels

Le National, emmené par la droite, a également accepté une grande partie d’une motion du groupe UDC demandant à ce que les doubles nationaux ayant commis des actes de terrorisme ou des crimes graves perdent le passeport suisse. Seuls ceux considérés comme terroristes «potentiels» ont été épargnés.

La Chambre du peuple a également décidé de donner suite, par 101 voix contre 84, à une motion de Gregor Rutz qui demande au Conseil fédéral d’annuler le changement de pratique en vigueur en ce qui concerne les demandes d’asile de femmes afghanes. Depuis juillet 2023, celles-ci peuvent en effet prétendre à l’asile, et non plus, comme avant, à l’admission provisoire. Le droit «de facto» de rester en Suisse et de bénéficier d’une couverture sociale ont de quoi les inciter à venir chez nous, estimait l’élu.

Sanctions contre les pays qui ne coopèrent pas

Le National a également accepté, par 126 voix contre 64, une motion du groupe PLR qui demande que Berne modifie la loi pour prendre des sanctions ciblées contre les pays d’origine qui ne coopèrent pas en matière d’asile. «La Suisse enregistre toujours des demandes de personnes qui ont vécu longtemps dans des pays tiers où elles ne couraient aucun danger. Selon le droit en vigueur, une non-entrée en matière est possible seulement si le pays tiers est considéré comme sûr. Mais dans la pratique, les rapatriements échouent souvent en raison de l’absence d’accords ou du refus de certains États de réadmettre les personnes concernées», faisait valoir le groupe.

En revanche, les élus ont refusé une motion UDC qui demandait que la population locale ait un droit de veto sur les nouveaux centres d’hébergement de requérants d’asile. Ils ont dit non également à une motion de Greta Gysin (V/TI) visant à accorder une autorisation de séjour pour les étrangers admis à titre provisoire depuis plus de 10 ans. Niet également à une motion de Delphine Klopfenstein Broggini (V/GE) qui demandait à ce que l’on stoppe le renvoi d’enfants atteints dans leur santé.

source : https://www.20min.ch/fr/story/session-sur-l-asile-chomage-des-frontaliers-le-national-refuse-tout-diktat-de-l-ue-103634880
auteur : Christine Talos
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